23/01/2014

Les propriétaires de la Marlière à Orcq aux XIXe et XX e siècles

1. Piat Lefebvre Boucher et Louis François Xavier De Clercq

Piat François Joseph Lefebvre (Tournai 1752-1837) négociant et banquier était un descendant des célèbres orfèvres tournaisiens. Il avait épousé à Tournai en 1787 Marie Robertine Joseph Boucher (Tournai 1762 – Paris 1833). On accole généralement le nom de Boucher à celui de Lefebvre pour désigner Piat François Joseph Lefebvre et le distinguer d’autres membres de la famille portant le même prénom. Par décret du préfet du département de Jemappes en 1800 il est nommé membre du conseil de la ville de Tournai.

Louis François Xavier De Clercq est né à Moen en 1774 et décédé à Paris en 1838. Il était le fils de Jean, dernier bailli de Moen (Flandre Occidentale).

Nous nous sommes largement inspiré pour cette période d’une étude relative à la famille De Clercq  publiée par le cercle d’histoire d’Oignies (Pas-De-Calais), Onyacum, sous la direction de Danielle Larivière[1] qui s’est elle-même basée sur un travail de Régine Vergnes[2] aux archives nationales à Paris qui a passé le fonds Rohan Bouillon au crible. Ce fonds est constitué des archives de la famille LFX De Clercq Crombez relatives essentiellement à la liquidation de la faillite du prince de Rohan Guéméné, et déposées par leurs descendants aux archives nationales françaises.

En 1782 Henri Louis Marie prince de Rohan Guéméné et son épouse Victoire Armande de Rohan Soubise qui menaient grand train à Paris font une banqueroute colossale de 33 millions de livres. Leur petite fille Berthe de Rohan Guéméné fille de Charles Alain Gabriel qui avait épousé son oncle paternel (!) Louis Victor Mériadec, chargea L.F.X. De Clercq de la liquidation de la succession. Le père de LFX De Clercq, Jean, était attaché au service de la maison de Rohan. Les fonctions remplies par son père expliquent sans doute ce choix[3].

Dès le début du XIXe siècle Lefebvre et son épouse et De Clercq s’associent et créent une société civile détenue à raison de 50% par les époux Lefebvre et 50% par De Clercq. Piat Lefebvre Boucher seul et l’association Lefebvre De Clercq feront des investissements immobiliers énormes et acquerront entre autres des biens provenant de la succession Rohan Soubise. On a dit d’eux qu’ils étaient de grands acheteurs de biens nationaux (saisis aux aristocrates et communautés religieuses)[4] On pourra juger de l’importance de leurs activités par quelques exemples :

Lors du décès de Marie Robertine Boucher épouse de Piat Lefebvre, l’association dut être légalement dissoute, l’un des associés étant décédé. L’acte de partage des biens immobiliers, à l’exclusion donc des biens mobiliers et de nombreuses affaires non encore liquidées, fut passé à Gentilly devant le notaire Me d’Anne le 16 janvier 1834. Le total des terres et forêts est d’environ 8000 hectares, dont deux domaines situés en Normandie, la forêt de Préaux acquise en 1822 d’une étendue de 1992 hectares et la forêt de Beaumont-le-Roger de 3455 hectares.

De plus certaines acquisitions ont été faites par De Clercq ou Lefebvre en dehors de l’association :

Piat Lefebvre Boucher acquerra pour moitié en 1804 le comté de Walhain appartenant à Armande Victoire de Rohan Soubise, l’autre moitié étant acquise par son oncle portant le même prénom que lui et ses cousins propriétaires de la manufacture de tapis de Tournai. Le prix payé était de deux millions de livres. Les biens étaient situés dans 41 villages belges différents[5]. Quatre ans plus tard, Piat Lefebvre Boucher devenait le propriétaire de l’ensemble en rachetant la part de ses oncle et cousins.

L’achat de la Marlière pour 15000 francs en 1803 par De Clercq et Lefebvre associés paraît dès lors bien modeste. L’acte a été enregistré à Tournai le 22 frimaire de l’an 12 soit le 14 décembre 1803[6] :

Jean Christian de Woestenraedt, ancien chanoine à la cathédrale de Tournai demeurant rue du Cygne à Tournai vend à MM Piat François Joseph Lefebvre Boucher et Louis François Xavier De Clercq, tant pour eux que pour leurs héritiers « la terre ci-devant fief et seigneurie de la Marlière » En plus du fief initial, quelques autres terres, que nous n’avons pas pu localiser, pour un total d’environ 2 hectares faisaient aussi partie de la transaction

L’acte dit aussi que le château et le jardin sont occupés par De Clercq. C’est le début du siècle et l’aube d’une ère nouvelle, le fief et la seigneurie ont vécu. Jusqu’en 1920 la Marlière va rester la propriété de Lefebvre et De Clercq et leurs descendants. Ce sera aussi une ère d’extension et de faste.

Après l’acquisition, d’importants travaux d’embellissement seront entrepris, mais dès 1820 les activités financières des associés les amènent à résider à Paris et le château est inoccupé.[7]

Il faudrait mener une investigation plus profonde pour comprendre comment De Clercq a pu se constituer une fortune estimée à près de 20 millions de francs en 1838, année de son décès. Astuce et intelligence hors normes étaient sans doute les principales de ses qualités. Cependant, la façon dont ce descendant d’une famille de petits baillis flamands a pu bâtir une fortune aussi colossale à partir de la liquidation  des biens de ces grands aristocrates français, sans doute quelque peu naïfs, a quelque chose, qui près de deux siècles plus tard, inspire la sympathie, voire l’admiration.

2. Henriette De Clercq Crombez

Henriette Lefebvre baptisée le 31 janvier 1790 à Sainte Marguerite à Tournai, fille de Piat Lefebvre et Marie Robertine Boucher, va épouser Benoît Georges Alexis Crombez. Il est le fils de Jacques Antoine anobli, en 1792, par François II empereur d’Allemagne. Benoît Georges Alexis Crombez est un richissime négociant tournaisien qui a fait fortune dans l’approvisionnement en fourrage des armées de Napoléon[8]. Ce couple marié en 1811aura dix enfants dont trois mourront en bas âge et deux resteront sans postérité. Les cinq autres eurent au moins une vie bien remplie sinon des destins exceptionnels. Deux d’entre eux ont marqué de leur empreinte l’histoire de la Marlière, ce sont l’aînée Henriette et le troisième Victor. Comment garantir la pérennité d’une association lucrative qui brassait des sommes énormes et engendrait des profits considérables comme l’association Lefebvre De Clercq si ce n’est par un mariage ?

Henriette Aline Françoise Ghislaine Crombez  née en 1812 épousera donc Louis François Xavier De Clercq, l’associé de son grand-père, à Paris en 1834. Elle est de 38 ans sa cadette.

L.F.X. De Clercq était un parti convoité et au sein même de la famille Lefebvre, il a été la cause de dissensions. Une lettre de l’oncle d’Henriette Crombez, Marc Lefebvre frère aîné de sa mère, conservée dans le fonds Rohan Bouillon en témoigne. Le 5 novembre 1833, alors qu’Henriette Crombez est promise à De Clercq, il propose cyniquement à ce dernier « à votre choix » (textuellement dans la lettre) de s’allier avec une de ses trois filles car, il en avait trois en âge de se marier. Et si cela ne suffisait pas, il garantissait à De Clercq que dans le cas où il persistait à vouloir épouser Henriette Crombez, mais qu’elle succomberait rapidement après le mariage, ses filles resteraient célibataires pour qu’il puisse faire un choix parmi elles[9] ! Marc Lefebvre qui avait épousé Louise Meuret originaire de Mons fera finalement une banqueroute retentissante vers 1840 à Tournai. Il dirigeait la banque Lefebvre Meuret.

Lors de la dissolution de l’association Lefebvre De Clercq dont nous avons parlé plus haut, deux lots sont constitués et tirés au sort entre L.F.X. De Clercq d’une part et Piat Lefebvre et ses enfants Henriette Lefebvre et Marc Lefebvre Meuret d’autre part. Le lot 1 contenant entre autres le château de la Marlière à Orcq et la terre d’Oignies échoit à LFX De Clercq. C’est donc le hasard qui a fait de lui, et plus tard son épouse, les châtelains de la Marlière.

Henriette Crombez aura deux enfants de L.F.X. De Clercq qui décédera en 1838.

DE CLERCQ - IMG_0717 - Mme DE CLERCQ et ses enfants - ORIGINAL JUIN.jpg

 La figure 7 (collection privée. Photo Ch. Juin pour D. Larivière Association Onyacum - Oignies) la représente en compagnie de ses enfants Berthe et Louis. Après le décès de son mari Henriette Crombez résidera la plupart du temps à Oignies et parfois à Paris à l’hôtel particulier qu’elle possède à la rue Masseran.

La voici seule à la tête d’une immense fortune.

En 1840 elle achète 7 hectares et 1 are contigus à la Marlière, au nord du chemin du même nom, aux frères et sœurs Longueville. Une ferme était bâtie sur ce terrain, mais elle a été détruite un peu plus tard par Victor Crombez le frère d’Henriette après qu’il eut acheté ce bien à sa sœur en 1845. Cette terre est clairement représentée en f sur le plan plus loin. Ces sept hectares d’un seul tenant entourant une ferme ont certainement une origine ancienne, mais ni la tradition orale ni les cartes anciennes n’ont conservé de nom de l’endroit ou de la ferme. Dans l’acte de vente sous seing privé entre Henriette De Clercq Crombez et Victor Crombez, l’endroit sera désigné par « enclos Jubaru » du nom de l’agriculteur qui exploitait les terres à cette époque. Les époux Jean Louis Jubaru et Adélaïde Dupont exploitaient la ferme et étaient originaires de Watterlo (sic),[10] après une exploitation de données généalogiques disponibles sur le site Généanet il s’est avéré que ce nom de famille est originaire de Wattrelos. Le responsable de la transcription du recensement avait simplement créé une commune hybride entre Waterloo et Wattrelos !

 Cet « enclos » appartenait en 1791 à Mr Crequeaux[11]. Je pense qu’il y a lieu de lire Cresteau, et « Mr Crequeaux » est très probablement Charles Joseph Cresteau époux de Marie Ignace Joseph Longueville. Le couple a eu 11 enfants, mais la seule descendante restante fut une de leurs filles : Sophie Hildegarde qui décéda en 1835. Le bien fut mis en vente en 1840 et acheté par Henriette Crombez aux descendants de Nicolas Alexandre Joseph Longueville frère de Mme Cresteau.[12] Ces héritiers sont désignés dans l’acte comme héritiers de Sophie Hildegarde Cresteau. Charles Joseph Cresteau et son père Claude étaient seigneurs de Basses-Mottes à Forest (Hainaut).

Une raison supplémentaire a peut-être poussé Henriette De Clercq Crombez à acquérir cette propriété, en effet son arrière grand-mère, grand-mère maternelle de son père n’était autre que Marie Anne Dorothée Cresteau sœur de Charles Joseph Cresteau. « L’enclos » restait ainsi dans la famille.

A Oignies Henriette De Clercq Crombez a eu une action sociale considérable et a payé de ses deniers les constructions de la mairie, de l’église, de l’école des garçons et celle des filles, d’une salle de patronage, d’une usine à gaz … représentant une somme investie de 4 millions de francs de l’époque sur une période de 30 ans[13] [14].

Henriette De Clercq Crombez s’est éteinte le 10 février 1878 à Oignies à l’âge de 65 ans, elle a eu des funérailles somptueuses et Oignies n’avait jamais vu autant de monde. Ses descendants se sont unis à des noms prestigieux de l’aristocratie française et européenne, attirés par son immense et insolente fortune.

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Extrait du plan de la ville de Tournai par Carlez et Gaudy 1829 (Archives de l'Etat à Tournai)

Le plan de la figure 8 s’arrête au milieu de la propriété de la Marlière mais il en donne une bonne idée de l’état 5 ans avant le mariage d’ Henriette Crombez. On distingue très bien une drève d’accès à partir du chemin Vert qui n’existe plus actuellement. Nous avons retourné le plan pour le rendre plus lisible, car il est orienté avec le sud vers le haut.

3. Victor Crombez

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 Photo Victor Crombez.jpg

Victor Crombez vers 1890

Le 29 juillet 1845, Henriette De Clercq Crombez, par un acte sous seing privé, passé en face du notaire Simon à Tournai[15] vendait à son frère Victor Crombez (voir figure 9 âgé de 34 ans[16]) des biens décrits sous 41 articles différents situés à Orcq, Marquain, Hollain et Tournai, parmi lesquels la Marlière et quelques terres situées près de l’ancien fief et qui seront incorporées plus tard dans le parc, constituant les terres héritées de son mari LFX De Clercq ainsi que « l’enclos Jubaru » dont nous avons parlé plus haut.

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Le plan ci dessus ayant comme trame le plan cadastral d’Orcq de Christian Popp édité vers 1860 nous aidera à mieux visualiser la formation de la Marlière actuelle qui s’est constituée entre 1840 et 1858, sous la houlette des frère et sœur Crombez.

Pour se repérer, on trouve dans le coin inférieur droit  la chapelle ND de la Paix le long de la chaussée de Lille.

Les parcelles A, B, C, D et E constituent les terres reçues par Henriette De Clercq lors de la succession de son mari.

En A le fief initial et en B, C, D et E sans doute les quelques terres acquises en 1803 par Piat Lefebvre Boucher et L.F.X. De Clercq du comte de Woestenraedt et qu’on n’a pas pu situer à partir de l’acte initial.

En F « l’enclos Jubaru » acquis par Henriette De Clercq Crombez pendant son veuvage.

Les terres A à F ont été vendues à Victor Crombez en 1845.

Acquisitions et échanges de Victor Crombez ultérieurs à 1845

En août 1847[17] il fait un échange avec Marie Anne Lecomte veuve d’Hippolyte Varlet et ses enfants agriculteurs d’Orcq, il donne la pièce E et reçoit en échange la pièce G, ce qui lui permet d’avoir un large accès vers la chaussée de Lille qui deviendra plus tard l’accès principal au château.

En octobre 1849,[18] il achète la parcelle et la ferme H enclavées dans sa propriété. L’ensemble avait été acheté en 1756 par Nicolas Joseph Ghislain qui l’avait acquis de Ferdinand Maloteau. Nicolas Ghislain agriculteur d’Orcq descendait de Louis Ghislain originaire de Taintignies et qui s’était installé à Orcq en 1665 lors de son mariage avec Marie Martin originaire du village. Ce sont les descendants de ces Ghislain : Marie Joseph, Jean Baptiste et Charlotte qui vendirent la propriété pour 6000 francs à Victor Crombez. Jean Baptiste était l’exploitant et déjà en 1837 il avait racheté la ferme située au 36 Vieux Chemin de Lille qui était en ruines à l’époque. Cette ferme restera connue sous le nom de ferme Ghislain ; elle est actuellement propriété d’André Soudant.

En juin 1856,[19] Victor Crombez achète la parcelle, la ferme et la maison de campagne reprises sous L sur le plan. Sur le terrier n° 48 de 1791 de la cathédrale de Tournai, la ferme et les terres qui l’entourent appartenaient à Mr Miroux, sans doute le père de Jeanne Catherine Françoise Miroult dont question plus bas.

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 A la ferme est accolée une demeure de style classique ( Photo ci dessus: état actuel) bâtie en 1822 par les de le Vingne.[20] L’ensemble était avant 1856 la propriété des époux Jean Baptiste de le Vingne et Rosalie Périer qui les avaient hérités des parents Bon Gaspard de le Vingne et Jeanne Catherine Françoise Miroult. La maison était leur maison de campagne et la ferme était louée mais nous ignorons à qui. La photo montre l’aile centrale de la maison de campagne et à gauche la ramure de l’un des arbres remarquables de la Marlière, un châtaignier de plus de deux siècles.

Jean Baptiste de le Vingne est décédé en 1841 et son épouse Rosalie Périer en 1855.

Leurs enfants Adolphe, Sidonie Delphine, Edouard et Rosalie  ont vendu la maison et la ferme avec 3 hectares le 17 juin 1856 à Victor Crombez. Le même jour ils ont aussi vendu au même environ 4 hectares de terre situés à Orcq section B N° 372. Le prix de vente de l’ensemble était de 50000 francs.

Le petit terrain situé au sud juste en dessous de cette parcelle est le jardin du presbytère.

Dans son dénombrement des biens de la paroisse fait au début de son ministère en 1653,[21] Nicaise Hennet dit que le presbytère est contigu au nord avec « l’héritage des hoirs de Mademoiselle Molembaye occupé par Noé Deswattines. ». Le curé Parsy, en 1668, dit qu’au nord du presbytère se trouve l’héritage de Monsr …Oostemberghues[22] occupé par Jacques Bracquenier. Il faut vraisemblablement lire Troostembergh famille de la noblesse belge. Nous ignorons si des liens familiaux ont existé entre ces propriétaires de l’ancien régime.

Enfin en août 1858,[23] Victor Crombez acquiert la parcelle et la ferme désignée sous le nom de ferme du Pont situées en M sur le plan. C’est sur cette parcelle que l’on voit les ruines d’une tour ancienne, voir photo ci dessous un détail de cette ruine.

 

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Sur le terrier N° 48 de 1791 (Archives de la cathédrale de Tournai) la ferme du Pont et d’autres terres à Orcq appartiennent à Mr de Blarenghien. Cela coïncide avec l’acte d’achat de 1858 de Victor Crombez de cette ferme à un Roubaisien qui l’avait acquise des frères Louis et Roger de Podenas arrières petits fils de Jean Albert Joseph de Buisseret de Blarenghien. Les de Podenas avaient déclaré être propriétaires des biens depuis des temps immémoriaux. En principe donc en fouillant la généalogie ascendante de A. J. de Buisseret de Blarenghien et son épouse (sa cousine germaine) on devrait trouver des informations sur les anciens propriétaires de cette tour. De Saint Allais dans son nobiliaire universel de France dit que, les Buisseret de Blarenghien sont seigneurs, de « Marquin ».[24]Puisque la propriété concernée touche au jardin de la cure à l’ouest, on peut tenter d’établir une filiation des anciens propriétaires de ce bien en recourant encore une fois au dénombrement des biens de la paroisse fait par Nicaise Hennet en 1653. Il écrit que le terrain de la cure est limité au levant à la propriété des héritiers de Séraphin du Chambge.

Nous avons trouvé quelques éléments de la généalogie de cette famille[25],[26], ce qui nous a permis d’établir un lien entre les du Chambge et les Buisseret de Blarenghien.

Séraphin du Chambge 1560 1618.

Son fils Nicolas 1595 1641 a épousé Marie Miroul. Elle est veuve en 1653 quand Hennet fait son dénombrement et il décrit la parcelle comme appartenant aux hoirs de son beau-père Séraphin du Chambge.

On retrouve ensuite Pierre François du Chambge dont la fille Jeanne épouse Jacques Talbout

Leur fille Marie Françoise épouse Jean Albert de Buisseret de Blarenghien père de Louis Henri Joseph (propriétaire sur le terrier 48 de 1791) et de Charlotte Albertine Marie mère de Jean Baptiste de Podenas père de Louis et Roger de Podenas qu’on a cité plus haut.

Selon Sars de Solmon[27] les du Chambge de Lille (qu’il écrit du Chamlge) portent d’argent au chevron de gueule accompagné de deux merlettes de sable en chef et d’un trèfle de sinople en pointe)

Des dénombrements ultérieurs des biens de la paroisse ont été faits par des curés d’Orcq et font référence aux du Chambge :

Le curé Parsy dit vers 1668 que le presbytère est limité du levant par l’héritage des hoirs de Mr du Chamge de Lille occupé par Noé Deswattines. C’est ce même Noé Dewattines qui fera ériger la chapelle ND de la Paix face à la ferme du Pont en 1698. Nous avons pu prouver que l’inscription sur la chapelle rafraîchie en 1952 était erronée et qu’en place de Defroyennes il fallait lire Deswattines.

Et Morelle écrit dans un dénombrement non daté que du temps de Toussaint, son prédécesseur, le presbytère était limité par 22 cens de terre des demoiselles du Chamge de Lille occupé par Louis Leconte. Le seul Louis Leconte qui puisse correspondre à lui est né vers 1752 ce qui situerait la date du dénombrement vers 1775 au moins. Donc à ce moment ce sont encore des du Chambge qui sont propriétaires (sans doute des descendantes célibataires de Pierre François du Chambge, suite auxquels les Buisseret de B. sont devenus propriétaires).

Ainsi en 18 ans Henriette Crombez et son frère Victor ont fixé les limites de la Marlière qui sont encore les siennes actuellement à l’exception de la parcelle M, qui a été séparée du reste de la propriété par vente vers la fin du XXe siècle

 



[1] D. LARIVIERE, La famille De Clercq, généalogie, origines, descendants, Cercle d’histoire d’Oignies Pas-de-Calais, 2011

[2] Non publié.

[3] P.A. DU CHASTEL DE LA HOWARDRIES-NEUVIREUIL, Les descendants de Marguerite De Rasse femme de Charles Lefebvre orfèvre, dans, La revue tournaisienne, plusieurs numéros entre 1900 et 1910

[4] E. MEUWISSEN, Les Crombez, dans Wavriensia Racines, Revue du Cercle Historique, Archéologique et Généalogique de Wavre et du Brabant wallon, Tome LIX n° 5, 2010, p. 200.

[5] Tournai, A.É.T. Archives de l’enregistrement, Volume 19, article 196.

[6] Tournai, A.É.T. Archives de l’enregistrement, Volume 18, article 144.

[7] F. J. BOZIÈRE, Souvenirs et légendes de l’ancien Tournaisis, dans, La Feuille de Tournai, 1853-1857.

[8] E. MEUWISSEN, op. cit., p. 205.

[9] Archives nationales françaises, Fonds Rohan Bouillon, 273 AP 280.

[10] Tournai, A.É.T.,Archives de la commune d’Orcq-population, sans date mais vraisemblablement 1829.

[11] Tournai, A.C.T., Terrier des faubourgs et pouvoirs de cette ville, Terrier Nº 48, 1791.

[12] Archives de l’enregistrement de Tournai, Volume 234B article 60.

[13] F. MOIGNO, Institutions créées pour améliorer la condition physique et morale des populations – Mme Vve Henriette De Clercq à Oignies, dans Revue Les mondes, 1868, p. 620.

[14] Il est intéressant de noter qu’en 1842 en faisant creuser un puits artésien dans sa propriété d’Oignies pour alimenter une pièce d’eau elle a découvert du charbon, cette découverte devait être à la base de l’exploitation de la houille dans le Pas-de-Calais. Selon certains cette découverte ne serait pas le fruit du hasard, mais elle aurait utilisé ce prétexte pour ne pas éveiller la curiosité d’autres prospecteurs potentiels !

 

[15] Tournai, A.É.T. Archives notaliales Notaire Charles François Josepf Simon, N° 965 acte du 1 8 1845.

[16] Lithographie reprise d’un menu imprimé en 1893 par Vasseur frères à Tournai à l’occasion du 50e anniversaire de la société des Orphéonistes dont V. Crombez fut président. Collection Max Hovine.

[17] Tournai, A.É.T., Archives de l’enregistrement de Tournai, Volume 300A article 29.

[18] Tournai, A.É.T., Archives de l’enregistrement de Tournai, Volume 319B article 56.

[19] Tournai, A.É.T.,  Archives de l’enregistrement de Tournai, Volume 439 article 8.

[20] F. J. BOZIÈRE, Souvenirs et légendes de l’ancien Tournaisis, dans, La Feuille de Tournai, 1853-1857.

[21] Tournai, A.É.T.,  Archives paroissiales Ste Agathe d’Orcq, I 33 N°330.

[22] Tournai, A.É.T.,  Archives paroissiales Ste Agathe d’Orcq, I33  N°331.

[23] Tournai, A.É.T.,  Archives de l’enregistrement de Tournai, Volume 485 article 104.

[24] DE SAINT ALLAIS, Nobiliaire universel de France, A Paris chez l’auteur, 1840.

[25] M. LAINÉ, Archives généalogiques et historiques de la noblesse française, Tome 8, à Paris chez l’auteur 1843.

[26] P.A. DU CHASTEL DE LA HOWARDRIES-NEUVIREUIL, Notices généalogiques tournaisiennes dressées sur titres, Vasseur Delmée, Tournai, 1881, Tome 1 p. 418.

[27]C. DE SARS DE SOLMON,Recueil de généalogies, fragments, notes et épitaphes des provinces du Nord Valenciennes, XIXe siècle