07/11/2013

Les fermes d'Orcq et leurs exploitants: deux siècles de vie rurale aux portes de Tournai

L’implantation de l’usine des Trois Suisses à Orcq vers 1954 a marqué un tournant considérable dans l’histoire du village. Si on excepte quelques décennies au milieu du XIXéme siècle durant lesquelles une blanchisserie de dentelle a été active dans la propriété de la famille Boulogne à la Marmite, et le chantier de récupération de métaux Pennequin actif au XXe siècle, il n’y avait jamais eu d’activité autre qu’agricole. Quelques meuniers, maréchaux, bourreliers, boutiquiers cabaretiers et autres artisans partageaient avec les ouvriers et les journaliers les autres occupations des chefs de famille du village. Il n’y avait pas de représentants des professions libérales. Quelques grands bourgeois et aristocrates y possédaient des propriétés ou des maisons de campagne.

C’étaient aussi les agriculteurs qui dirigeaient le village. Depuis 1800 date de la nomination du premier maire (en 1800 nous étions sous régime français) jusqu’en 1946 les bourgmestres furent tous des agriculteurs. On signalera les longs maïorats de François Joseph Batteau (1849 à 1885), Jules Ghislain (1885 à 1921), Fidèle Varlet (1800 à 1825) et Louis Varlet (1921 à 1946)

Aux Archives de l’Etat à Tournai on possède un relevé de la population d’Orcq par famille non daté mais qui par recoupement se situe vers 1829. On dénombre 104 familles pour un total de 565 habitants. Pour 44 familles le chef est recensé comme agriculteur. A la fin de la guerre 40-45 on dénombre encore 35 fermes en activité. Vers 1960 le nombre de familles dont le chef était agriculteur était diminué de moitié par rapport à 1829 puisqu’on dénombrait 22 fermes encore en activité dont 10 reprises par des agriculteurs flamands émigrés de première ou deuxième génération, la plupart originaires de Flandre Occidentale. Actuellement, en 2013, il y a encore six exploitations en activité à Orcq dont deux pourraient ne pas trouver repreneur dans un avenir proche.

Ces constatations ont déclenché le désir de faire, pendant qu’ il est encore temps, un relevé de ceux qui ont été les acteurs de cette vie rurale et des lieux où ils ont vécu durant les deux derniers siècles.

Méthode

Pour faire ce relevé il fallait une définition claire de ce qu’on entend par ferme, en effet beaucoup de villageois, non agriculteurs, avaient une ou deux bêtes et quelques arpents de culture et des bâtiments pour exercer cette activité secondaire. Nous avons décidé de retenir les bâtiments dont la mémoire des anciens encore en vie a retenu qu’ils étaient considérés comme des fermes et dont le propriétaire ou l’exploitant avait comme occupation principale l’agriculture. Pour palier à la déficience des mémoires nous avons décidé d’y ajouter les bâtiments sur le plan Popp qui révèlent par leur importance ou leur forme qu’il étaient habités par des personnes dont l’agriculture était l’occupation principale. Plusieurs de ces fermes ont disparu depuis longtemps, nous avons sur un total de 54 fermes relevé 17 fermes disparues.

Les renseignements nous ont été fournis par des personnes privées sous forme essentiellement d’actes notariés anciens,  de photographies et de témoignages. Nous avons aussi pu consulter les mutations anciennes du XIXème siècle à l’administration du cadastre. La carte de Ferraris datant de 1771 1778 nous a donné la situation détaillée la plus ancienne. Le plan Popp et sa matrice cadastrale nous ont donné une photographie précise du cadastre orcquois vers 1860 1865 car c’est la date probable de l’édition du plan. L’atlas des chemins d’Orcq de 1840 1842 nous a aussi aidé. On retiendra les dates de réalisation de ces plans car il y sera souvent fait allusion dans la suite.

Nous tenons à remercier particulièrement MM Michel Hernould et Michel Luc pour leur collaboration.

Une fiche a été établie pour chaque ferme. Il aurait pu sembler logique de désigner les fermes par le nom de leurs exploitants ou propriétaires actuels. Afin de rendre nos données exploitables dans le temps nous avons décidé de les désigner par leur adresse. En début de chaque fiche un petit tableau reprend le nom du propriétaire actuel, celui du dernier exploitant connu et les données du plan Popp (N° cadastral et propriétaire à ce moment). Ce numéro cadastral permet, et permettra dans le futur, d’identifier la ferme sans risque d’erreur.

Nous avons numéroté les fermes qui sont reprises sur des plans d’ensemble. La numérotation suit une logique cartographique allant d’est en ouest, ainsi la ferme portant le N° 1 est la ferme Decock au chemin Vert qui est la plus à l’est du village pour se terminer au Vert Marais avec la ferme Emile Hovine N° 54 qui se trouve le plus à l’ouest.

Les fermes N° 1 à 11 sont remarquablement représentées sur un plan de Tournai datant d’environ 1829 dû à l’arpenteur Carlez Gaudry, le faubourg de Lille et l’est du village se trouvent sur ce plan. Ce plan est cependant orienté avec le nord en bas, dans la figure ci dessous la carte a été retournée pour avoir une présentation classique Nord en haut.

FERMES EST 5CLICK.jpg

Orcq Est du village

Extrait de la carte de 1829 de l’arpenteur Carlez Gaudry A.E.T. Cartes et plans © AGR. Le N° 2 (Café de la Barrière) n’est pas indiqué car n’existant pas encore à l’époque.

Les fermes 12 à 31 sont représentées sur un extrait du plan Popp

Orcq FERMES CENTRE 1.jpg

 Plan Popp (vers 1860) l’église au centre permet de se repérer facilement

 Les fermes 32 à 50 sont représentées sur un deuxième extrait du plan Popp

Orcq fermes cente 2.jpg

 Plan Popp (vers 1860) La chaussée de Lille (rehaussée de bleu permet de se situer)

Enfin les fermes 51 à 54 (Vert Marais au chemin Landaise) sont représentées sur ce troisième extrait du plan Popp

Orcq fermes vert marais.jpg

 

 

 

 

 

 

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